BLOG

L’IA : le nouveau golem 3.0 de la technologie ? Interview OCSI

Sujet majeur de l’actualité techno et au centre de la dernière édition de VivaTech en mai dernier, l’IA est un devenu un enjeu majeur pour les entreprises dans leur stratégie de transformation digitale. De la reconnaissance vocale aux chatbots, l’IA se diversifie et démocratise via les assistants personnels. (Google home, Cortana..). Détenue par la Chine, les US la suisse et Israël, l’IA en Europe n’en est pourtant encore qu’à ses premiers pas. Mais quelle est la réalité de l’IA en France et dans le monde aujourd’hui et à quoi peut-on s’attendre dans les années à venir ?

Discussion autour du sujet avec nos trois experts : la blogueuse IT Mallys, Jean-Baptiste Lefevre, Project Manager / IT / MOA DX Lab BDDF BNP Paribas et Mickaël Guérin, consultant Expérience Client à La Poste.

Qu’est-ce que l’IA ?

Intelligent vs. Smart

L’IA est née du big data et du machine learning, c’est une intelligence créée par l’homme, mais il convient d’être prudent avec le mot intelligence : « Nous en avons pris la vision latine, au sens de réflexion alors que le mot vient de l’anglais et s’entend au sens d’intelligence comme dans CIA (Central Intelligence Agency) : la connaissance et surtout le partage de connaissance » explique Mickaël Guérin.

Une subtilité de taille dans l’utilisation que l’on peut en craindre.  « L’IA a une capacité illimitée à apprendre et donc à analyser et fournir des informations aux entreprises (data), mais ne peut pas comprendre la sensibilité, la subtilité ou encore l’émotion », confirme Mallys.

D’un point de vue technologie, l’avantage de l’IA, c’est qu’elle les englobe toutes ou presque : le Big Data, l’IoT,  le Deep Learning (apprentissage profond), le Machine Learning (apprentissage automatique)… et c’est cette combinaison de plusieurs technologies qui aboutit aux avancées que nous connaissons.

L’IA en faits et en chiffres : loin de l’utopie

« L’IA est beaucoup plus présente que nous l’imaginons : reconnaissance faciale, résolution de problèmes, reconnaissance de l’écriture, l’aide au diagnostic médical, la maintenance prédictive en informatique comme dans le secteur industriel, prévention contre les attaques liées à la cybersécurité, domaine militaire, éducation… » affirme Mallys.

Trois secteurs semblent particulièrement précurseurs sur le sujet : les banques, le retail et l’automobile.

Certains acteurs du retail utilisent d’ores et déjà l’intelligence artificielle pour prédire les achats futurs de leurs clients et booster leurs ventes. « C’est le cas d’Amazon, qui propose actuellement l’un des systèmes de recommandation produits les plus performants du marché, basé sur son propre système de deep learning, nommé DSSTNE » reprend Mallys. Amazon a d’ailleurs déjà créé en Chine les Amazon Go, des magasins complètement autonomes.

« Chez Carrefour, c’est le caddie qui sait ce qu’il y a dedans et qui facture directement : il n’y a plus besoin d’aller à la caisse », ajoute Jean-Baptiste Lefevre.

Du côté des banques, les salles de marché sont déjà largement équipées : « Cela fait bien longtemps qu’il n’y a plus de traders humains dans les salles de marché, essentiellement équipées d’ordinateurs », explique Mickaël Guérin. Orange Bank utilise l’IA pour son questionnaire de scoring qui détermine les niveaux de compte et le type de carte et/ou de découvert à accorder. Il existe aussi des systèmes de PFM :  Personal Finance Management. « Il s’agit d’outils d’analyse prédictive de compte bancaire permettant de savoir où on en sera à la fin du mois. », explique Jean-Baptiste Lefevre.

Enfin, les véhicules autonomes sont en train de voir le jour : la version automobile du pilotage automatique que l’aéronautique a mis en place depuis bien longtemps. Dans l’automobile toujours, ce n’est plus le mécanicien qui initie la révision des véhicules mais la fameuse valise qui scanne toutes les puces des composants afin de savoir sur quoi intervenir.

L’avenir : un homme 3.0 grâce à l’IA ?

IA : l’homme augmenté

Alors que les réseaux sociaux regorgent d’articles sur le remplacement de l’homme par les machines, qu’en est-il vraiment ?

« C’est une opportunité de faire plus simple et plus vite, de laisser l’humain se recentrer sur son expertise et remplacer des tâches sans valeur ajoutée et répétitives. » explique Jean-Baptiste Lefevre.  « L’intelligence humaine d’un nourrisson est mille fois supérieure à l’IA. L’IA fait seulement plus vite et mieux que l’homme certaines tâches. Et ne peut pas sortir de sa tâche. On est très loin de la singularité », confirme Mikaël Guérin.

La révolte des machines ?

La question qui revient régulièrement est la programmation des machines par les machines. Là aussi, il s’agit de savoir ce qu’on entend par là. « S’il s’agit d’installer des petits programmes qui peuvent se répéter en boucle, oui c’est en cours. Et ça ne change pas grand-chose. S’il s’agit de réaliser une totale programmation, la question est : à quoi ça sert ? », explique Mickaël Guérin.

« Car concrètement, l’IA qui programme de l’IA, pour l’instant c’est de la science-fiction. », confirme JB Lefevre, ne serait-ce que parce que le cerveau humain n’est pas encore déchiffré dans sa totalité. Sans compter que chose faite, il faut encore pouvoir l’artificialiser : un réseau de neurones ne se résume pas seulement à un échange d’informations.

Non, l’IA ne remplacera pas l’humain.

Il faut en effet toujours être conscient que derrière l’IA, il y a toujours un humain qui programme. Avec ses spécificités et ses ressentis. « D’ailleurs la grande question du moment c’est de développer le code chez les filles afin d’éviter de genrer l’IA car les développeurs sont en général tous des hommes blancs de de 35-45 ans », confirme Mikaeël Guérin.

« L’IA est un sujet particulièrement fascinant car cette technologie peut se révéler dangereuse si elle est mal utilisée mais elle est également pleine de possibilités. A l’humain d’en tirer le meilleur », ajoute Mallys.

L’on voit pourtant déferler des informations volontairement scandaleuses qui font réagir : l’IA va remplacer les notaires, les avocats, les médecins... En face de ces fake news, les contre-exemples sont nombreux. Ne serait-ce que dans les exemples cités plus haut, l’IA montre ses limites.

En effet, Elon Musk, le patron de Tesla, est en train de ré-humaniser sa structure : après des difficultés de production dans une des usines il analysé utiliser trop de robots et pas assez d’êtres humains. De son côté, Amazon a certes triplé le nombre de ses robots en 3 ans en passant de 25.000 à 75.000, mais son effectif est passé de 150.000 à 566.000 personnes. Rien qu’en France, ce sont 2.400 embauches en cours.

«L’IA améliore les conditions de travail. Il n’y a pas de remplacement pur et simple. » conclut Jean-Baptiste Lefevre.

Plus avoir peur l’homme que de l’IA

La nécessité d’un cadre à poser commence donc à vraiment se faire sentir. « Il faut que des scientifiques regardent ce qui peut se faire avec l’IA pour permettre aux autorités de faire un cadre comme avec les manipulations génétiques ; ce n’est pas au cigarettier de faire la politique de santé d’un métier » affirme Mickaël Guérin.

« Nous avons l’exemple de la Chine qui fait appel à l’IA pour son système de reconnaissance faciale. Tout est filmé, analysé et traité. On n’est pas à l’abri de dérives. Mais utilisé à bon escient, l’IA peut se révéler efficace et dans de nombreux domaines », ajoute Mallys.

« L’IA est un ensemble de technologies qui aide à la transformation digitale des entreprises. Par sa capacité à traiter plus d'informations plus rapidement et avec moins d'erreurs que nous, elle va aider à piloter les entreprises de façon plus précise et elle va favoriser la création des nouveaux services de demain », conclut Mallys.

En effet, selon le Gartner Group, l’IA va créer 8 fois plus d’emploi qu’il n’en supprime. Certains métiers vont certainement disparaître mais d’autres seront créés. C’est déjà le cas avec l’apparition d’écoles de la FinTech, un entrepreneuriat qui arrive en force dans l’entreprise.

OCSI DIGITAL développe les sujets liés à la transformation numérique des SI dans les domaines du web, de la mobilité et de la donnée. OCSI propose à ses clients la conception et la réalisation d’applications web et mobile en respectant les contraintes de sécurisation des données, mode déconnecté et gestion de synchronisation, bases embarquées, gestion multi-support…

OCSI accompagne aussi ses clients dans l’extraction et la restitution des données sous la forme de tableau de bord et de reporting dans un objectif de data visualisation.

Pour avancer en toute sécurité sur la voie de la Transformation numérique, n’hésitez pas à nous appeler.

 

OCSI


Articles similaires